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Démission d'un journaliste du "Telegraph" : "HSBC est un annonceur que vous n'êtes pas autorisé à offenser"
Publié le 19 février 2015 à 10:47
Par Benjamin Meffre
Peter Oborne, éditorialiste politique du quotidien britannique conservateur, estime que son journal sous-traite le scandale touchant actuellement la banque HSBC car c'est l'un de ses principaux annonceurs.
Logo du "Telegraph" Logo du "Telegraph"© Telegraph
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Peter Oborne démissionne. Par cette décision expliquée sur le site Open Democracy, l'éditorialiste politique du "Telegraph" a voulu dénoncer haut et fort l'influence de HSBC sur la ligne éditoriale de son ancien quotidien. A en croire le journaliste entré dans le journal conservateur britannique cinq ans auparavant, les dirigeants du "Telegraph" auraient ainsi sciemment sous-traité le scandale "Swissleaks" afin de preserver ses contrats publicitaires avec la banque. Dans cette affaire, HSBC est ainsi accusé d'avoir favorisé des pratiques d'évasion fiscale à grande échelle via sa filiale suisse.

"Tous les médias ont saisi l'importance de cet événement majeur", estime Peter Oborne dans sa tribune. "Il faut un microscope pour apercevoir la couverture du 'Telegraph'" souligne-t-il. Pour le journaliste, cette couverture a minima imposée par les dirigeants du journal est une "tromperie" envers ses lecteurs. "De grandes questions sont posées avec cette affaire. Elles touchent au coeur de la démocratie et ne peuvent être ignorées plus longtemps", écrit-il pour expliquer sa démission.

"HSBC est un annonceur que vous n'êtes pas autorisé à offenser"

Dans sa tribune, Peter Oborne a aussi réclamé une enquête indépendante sur l'éventuelle influence de HSBC sur la ligne éditoriale du "Telegraph" ces dernières années. D'après l'éditorialiste, cette influence remonterait en effet à 2013. Une année où HSBC avait suspendu sa publicité dans le "Telegraph" après la publication dans ses colonnes d'une enquête sur des comptes offshores à Jersey. "HSBC est un annonceur que vous n'êtes pas autorisé à offenser", aurait alors confié un ancien responsable du journal à Peter Oborne. Ce dernier cite d'ailleurs dans son texte plusieurs articles critiques envers la banque qui auraient été délibérément supprimés par les responsables du journal.

De son côté, le "Telegraph" réfute "ces attaques stupéfiantes et sans fondement" via un porte-parole interrogé par la BBC. "La distinction claire entre la publicité et notre traitement éditorial a toujours été fondamentale pour notre journal", assure-t-il. Le groupe HSBC n'a quant à lui pas encore réagi.

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