
endredi 4 juillet, TF1 donnera le coup d'envoi de la huitième saison de
Koh-Lanta, son émission estivale numéro un tous genres confondus. A cette occasion,
Denis Brogniart, présentateur de l'émission, nous a accordé un entretien. Il revient sur l'incroyable succès de
Koh-Lanta, les accusations de tricherie, et nous en dit un peu plus sur cette huitième saison qu'il promet riche en personnages au caractère bien trempé.
Ozap : Dans quel état d'esprit êtes-vous, quelques jours avant la diffusion ?
Denis Brogniart : Je suis confiant. J'ai vu les épisodes déjà montés, ils sont très bien faits, ça donne une nouvelle aventure un peu différente des saisons précédentes. J'avoue que je suis aussi un peu tendu, vu les excellentes audiences de l'an passé.
Quand a eu lieu le tournage de cette saison ?
Plus tard que d'habitude, entre mars et fin avril. On a été obligé de décaler le tournage à cause du mauvais temps.
Selon vous, toute la force du programme réside-t-elle dans le casting ?
Non, pas seulement. Pour moi, elle réside dans trois choses. Effectivement, le casting est important, parce qu'il y a une vraie identification entre le public et ces 8 hommes et 8 femmes. Mais il ne faut pas oublier le concept, qui est la vraie force de l'émission. Pour moi, c'est le concept le plus pur de la télé : les candidats sont livrés à eux-mêmes, ils se gèrent eux-mêmes, ils s'éliminent eux-mêmes… Et puis la troisième force, c'est ce dépaysement qu'on propose aux téléspectateurs, la découverte de destinations nouvelles.
Vous parlez d'un concept pur. Que répondez-vous à ceux qui parlent de scénarisation de la télé-réalité, comme dans Pékin Express ?
Je ne me permettrai pas de juger Pékin Express parce que je ne sais pas comment est faite l'émission. Mais pour
Koh-Lanta, on n'a pas besoin de scénariser quoi que ce soit, le concept est suffisamment fort. Le scénario, ce sont les candidats qui le font. Ensuite, ce que nous faisons, c'est de choisir les séquences qui nous paraissent les plus fortes, les plus représentatives, les plus sympathiques. Là, effectivement, il y a une intervention de notre part puisqu'on choisit le contenu de 13 épisodes parmi 1800 heures de rush.
On a parlé d'un pacte l'an dernier dans l'équipe des rouges, pour partager l'argent quelque soit le gagnant. Avez-vous pris des mesures pour éviter ce genre d'accord cette année ?
Si ces histoires de pacte interviennent, et je n'en suis pas sûr, ce n'est que très loin dans le jeu, quand il n'en reste que quelques uns. Cette année, on a effectivement insisté sur l'aspect individuel en fin de jeu. On leur a rappelé que le but du jeu était de gagner, d'avoir la fierté d'aller jusque au bout, et d'être le dernier aventurier.
Qu'en est-il du Koh-Lanta « all stars », qu'on annonce pour cet hiver ?
En fait, ça fait trois ans qu'on se prépare à l'éventualité d'un Koh Lanta « all stars », qu'on interroge les anciens pour voir qui serait intéressé, et qu'on essaie de voir comment ce serait possible. Mais à l'heure actuelle, on est vraiment à fond dans la saison qui arrive. Et on arrive encore à trouver des gens nouveaux, avec une forte personnalité, un gros charisme, et qui ne ressemblent pas à ceux des saisons précédentes. Donc ce Koh Lanta « all stars », oui, on y pense, mais quand, où et comment, je n'en ai aucune idée.
Parmi les candidats que vous consultez, beaucoup veulent revenir ?
Oui, ils ont gardé un souvenir impérissable de cette émission, qui a marqué leur vie. C'est une émission qui les change, qui les fait avancer, c'est pour ça qu'ils sont toujours un peu nostalgiques. Chaque année, les candidats s'accumulent, et petit à petit on a une véritable famille des anciens qui se retrouve, qui fait des fêtes, des barbecues, qui regarde l'émission ensemble…
Avez-vous déjà resigné pour l'an prochain ?
Je suis en CDI à TF1, donc on ne resigne pas vraiment. Tout ça se passe plus ou moins par tacite reconduction. Mais je peux vous dire que je suis d'ores et déjà partant, les yeux fermés, pour une neuvième saison.
Chaque année, on se dit que les audiences ne pourront pas grimper plus haut, mais l'an dernier, le jeu a battu tous ses records avec un pic à plus de 10 millions de téléspectateurs. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Vous savez, l'explication d'un succès, comme d'une défaite, ça prend en compte plusieurs paramètres. Pour moi, le plus important, c'est le concept. Tout le monde a envie pour soi ou pour sa famille ou ses amis d'être dans la peau de Robinson Crusoé. Et puis le casting fait qu'une population très large peut s'identifier aux naufragés.
On pourrait dire que Koh Lanta est devenu la saga d'été de TF1...
Tout à fait, et c'est même la saga de l'été, toutes chaînes confondues, en terme d'audiences, de succès… Les gens dans la rue m'interrogent depuis un mois déjà pour savoir quand l'émission revient ! Ils vivent l'aventure par procuration avec les candidats, et moi-même, c'est un sentiment que je ressens lors du tournage.