Les commentaires violents des internautes ne touchent pas uniquement les candidats de la "Star Academy". Leurs enseignants sont également visés par le cyberharcèlement, malgré les appels à la bienveillance de la production du télé-crochet de TF1. Comme sa collègue Marlène Schaff, régulièrement exposée aux critiques sur son physique, Sofia Morgavi n'est pas épargnée par cette haine de vague propre à certaines émissions à enjeux. Elle qui a vu sa notoriété exploser depuis son arrivée au château il y a deux saisons reste circonspecte quant à cette déferlante de haine.
"On est de véritables punching-balls", résume la professeure de chant dans le podcast "Conversation avant la fin du monde", avant de se risquer à une explication de ces débordements. "Quand je vois des messages pas sympas, j’essaye de comprendre pourquoi la personne écrit ça. Pour moi, les réseaux sociaux sont une sorte de poubelle émotionnelle. Je pense que les gens ne vont pas voir de psy, et qu’au moment où ils expriment leur mal-être, ils font un espèce de transfert sur l’image des élèves ou des professeurs, parce que tout le monde est exposé". Avec du recul, la formatrice compare cet acharnement à une forme de défouloir collectif : "C’est comme quand on regarde une série et qu’on trouve une scène injuste : on se dit "vas-y, défonce-le, il n’a pas été sympa". C’est ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux. C’est une catharsis, les gens se déchaînent. Parfois, je me dis même qu’on leur fait du bien… Il ne faut pas prendre pour argent comptant tout ce qui est dit".
Confrontée pour la première fois à ce déferlement de haine, Sofia Morgavi a ressenti le besoin de consulter un psychologue pour savoir comment y réagir. La coach vocale a rembobiné cet épisode survenu la saison dernière. "C’était à propos d’Ulysse. J’avais fait une blague sur la pétanque, 'tu tires ou tu pointes' et il avait trouvé ça très drôle, parce qu’il est du Sud comme moi. Mais j’ai reçu ensuite un message d’insultes", a-t-elle détaillé.
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Avec sa thérapeute, elles ont entamé un travail cognitif pour ne retenir que le positif de cette expérience. "Le cerveau ne retient que ce qui dérange. Vous pouvez recevoir mille messages d’amour et un seul message de haine : c’est ce dernier qui va rester pour vous titiller", a expliqué celle qui réagit à ces attaques en ligne avec un nouvel œil. "Cette année, je réponds davantage et je fais beaucoup de médiation. Je dis : 'Merci pour votre message, je comprends votre malaise'. J’essaie de faire de la pédagogie et je termine souvent par : 'Prenez soin de vous'". Mais son sang-froid est parfois rudement mis à mal. "Quand ça va trop loin, c’est la production qui gère", concède-t-elle.
Ce lundi, face à la recrudescence du cyberharcèlement, l’Arcom et la justice française ont uni leurs forces pour soutenir les participants d’émissions de divertissement. Les deux entités seront "particulièrement vigilantes" en cas de "messages de haine ou de cyberharcèlement, en particulier à connotation sexiste, raciste, antisémite, homophobe ou transphobe", ont-elles indiqué dans un communiqué commun. Elles veilleront aussi à ce que "les plateformes soient réactives en cas de signalement, et à ce que les auteurs fassent l’objet d’enquête et, le cas échéant, de poursuites pénales". Quant aux chaînes et équipes de production, elles ont pris "l’engagement de mieux prévenir ces situations et mieux aider les candidats victimes de harcèlement et cyberharcèlement".

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