Un avis à contre-courant. En meeting jeudi soir dans le Colorado dans le cadre de la campagne présidentielle, Donald Trump a évoqué la relation commerciale entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, avant de dériver sur... le film "Parasite". Ce long métrage sud-coréen signé Bong Joon-ho a raflé de nombreux prix depuis sa sortie en 2019, au premier rang desquels figurent une Palme d'or à Cannes et les Oscars du meilleur film international, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario original et surtout du meilleur film, une première dans l'histoire de la prestigieuse cérémonie.
"On a assez de problèmes avec la Corée du Sud, avec le commerce. Et par-dessus le marché, ils leur donnent le titre de meilleur film de l'année ?", s'est publiquement interrogé l'homme à la tête de la première puissance mondiale, en laissant entendre qu'il n'a pas vu "Parasite". Donald Trump a ensuite revendiqué sa préférence pour de grands classiques du cinéma américain, en faisant mine d'interpeller l'Académie des Oscars. "Donnez-nous 'Autant en emporte le vent'. Est-ce qu'on peut avoir de nouveau 'Autant en emporte le vent', s'il vous plaît ? Ou 'Boulevard du crépuscule' ?". Deux longs-métrages respectivement sortis en 1939 et en 1950, ce qui atteste des goûts pour le moins conservateurs de l'homme politique.
Du côté de "Parasite", la réponse ne s'est pas fait attendre puisque Neon, le distributeur américain du film, a répliqué sur Twitter avec l'extrait vidéo de l'attaque de Donald Trump et cette réponse : "C'est compréhensible. Il ne sait pas lire". "Parasite" a en effet été largement diffusé en version originale sous-titrée dans le monde. N'en déplaise à Donald Trump, le film est ressorti ces derniers jours dans les salles obscures dans une version en noir et blanc. De même, l'oeuvre va faire l'objet d'une adaptation en série pour la chaîne HBO. Selon les premiers échos, l'acteur américain Mark Ruffalo est attendu au cast.