Alors que six nouvelles chaînes gratuites (Chérie HD, 6ter, Tvous la télédiversité, L'Equipe HD, RMC Découverte et HD1) seront lancées sur la TNT le mercredi 12 décembre, le Conseil supérieur de l'Audiovisuel réfléchit actuellement aux canaux qui leur seront consacrés. Actuellement occupés par les télévisions locales, les canaux 20 à 25 pourraient bien être mobilisés pour les nouvelles arrivantes, ce qui provoque la vive inquiétude des patrons des télévisions locales.
Dans une lettre ouverte adressée mercredi au président du CSA, Michel Boyon, quarante patrons de chaînes locales ont souligné l'impact de l'attribution de leurs canaux aux nouvelles chaînes de la TNT. "Nous avons appris avec stupeur que le CSA s'apprêtait à repousser la totalité des télévisions locales des canaux 20 à 25 qu'elles occupent depuis septembre 2007 sur la TNT, aux canaux 30 à 35. Cette décision, prise de façon arbitraire et sans aucune concertation, n'est pas acceptable et nous ne l'acceptons pas", ont-ils déclaré.
"Ce changement arbitraire va nous obliger à dépenser beaucoup d'argent pour refaire notre communication externe mais aussi interne puisque nos numéros de canaux figurent sur toutes nos plaquettes, nos bandes-annonces, nos cartes de visites", explique un directeur. "Nous risquons de perdre des auditeurs en route et cela aura un impact sur nos annonceurs", s'inquiète Gilles Crémillieux, du groupe La Montagne (Clermont Première) et président du syndicat Locales TV.
Lors d'une réunion qui s'est tenue dans les locaux du CSA mercredi, Michel Boyon s'est défendu de tout favoritisme à l'égard des grandes chaînes, soulignant que sa décision avait été prise "collégialement". Regrettant que "les procédures normales de concertation n'aient pas fonctionné comme elles auraient dû", le directeur du CSA a souligné que l'intérêt des téléspectateurs était "d'avoir un bloc de chaînes nationales".
Une justification qui n'a visiblement pas convaincu les patrons des chaînes locales qui ont assuré qu'il était "encore temps de suspendre cette décision incompréhensible" et à laquelle ils s'opposeront "en portant l'affaire devant les juridictions compétentes, locales et nationale (Tribunaux administratifs et Conseil d'Etat)". "Il est encore temps de s'éviter un tel affrontement, mais sachez que la solidarité des chaînes locales sera totale et complète", ont-ils conclu.