
Dans la lignée des suites de L'Exorciste de Friedkin, ce nouveau film se veut réaliste mais peine à créer un véritable sentiment d’impact, car l’invasion de l’hypothèse du surnaturel ne cause que peu d’émotions. Au contraire de Paranormal Activity et REC, on n’a même pas le plaisir, une fois passée la première demi-heure, de pouvoir s’interroger sur cette possibilité.
Alors que reste-t-il ? Un film fourre-tout dans lequel on s’est déchargé de tous les clichés du genre sur une narration très classique. Le protagoniste principal est dépeint d’entrée de jeu comme un personnage malhonnête qui ne pense qu’à gagner de l’argent et se moquer de la crédulité des gens simples, dès le moment où il reçoit leurs lettres manuscrites. Aucune nuance dans ces portraits exagérés, même si l’on doit admettre que les acteurs, des presque parfaits inconnus, s’en sont bien tiré.
Pourtant, Le Dernier Exorcisme devient intéressant à titre d’étude sociologique sur les croyances aveugles de l’Amérique rurale bigote. On se surprend, comme dans J'irai dormir à Hollywood, à pouvoir analyser la nature humaine et les relations des êtres entre eux, plus que celles des êtres humains avec le diable. Quand un père se retrouve seul avec ses deux enfants après la mort de son épouse, il est perdu et la Bible semble être son seul point d’ancrage. S’il n’y a pas de surnaturel, c’est une belle tragédie humaine quand la jeune fille parle de sa mère avec les larmes aux yeux.
Les chemins de la narration s’avèrent quand même très décevants quand cette histoire est ramenée à des problèmes terre-à-terre : elle est enceinte, de qui ?, etc. Des moments de possession démoniaque font superficiellement penser au poignant L'Exorcisme d'Emily Rose, mais en sont plutôt une parodie grotesque et vaguement offensante.
Cette petite histoire de guérisseur raté qui se moque des gens avec ses caméras et ses bruits pré-enregistrés est quand même menée tambour battant, et il n’y a aucun risque de s’y ennuyer une seconde. Le gros nanar lourd a été évité de justesse par un brin de psychologie. Mais Le Dernier Exorcisme reste à la possession démoniaque ce que Le Bal des Vampires était au phénomène du vampirisme, une gigantesque farce, la qualité et l’humour en moins.