Déprogrammation
Mort d'Yves Boisset : Arte bouleverse sa programmation pour rendre hommage au réalisateur
Publié le 2 avril 2025 à 13:13
Par Bruna Fernandez | Journaliste
Née à l’époque des “Inconnus”, Bruna grandit entre le Brésil et la France. Enfant, elle enrichit son imaginaire devant le grand et le petit écran. Devenue journaliste, elle passe derrière la caméra et travaille pour plusieurs émissions. Un petit monde qu’elle se plaît à décortiquer pour puremedias.
Ce mercredi 2 avril, la chaîne bouscule sa grille pour rendre hommage au réalisateur. Connu pour son cinéma engagé et figure du thriller politique des années 70 et 80, il s’est éteint le 31 mars à l’âge de 86 ans.
Elsa Zylberstein apprend, en direct dans "Télématin" ce lundi 31 mars 2025, la mort du réalisateur Yves Boisset avec qui elle a travaillé par le passé. © France 2
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Ce lundi 7 avril 2025, Arte modifie sa grille pour honorer la mémoire du cinéaste Yves Boisset, disparu ce lundi 31 mars à l'âge de 86 ans. Initialement prévu, le film "Les Grandes Familles" sera remplacé par "Espion, lève-toi", un thriller réalisé par Yves Boisset en 1982, porté par Michel Piccoli et Lino Ventura. Ce film emblématique sera diffusé à 21 heures et restera disponible sur arte.tv du 5 au 13 avril.

Un thriller politique et engagé 

Dans "Espion, lève-toi", Lino Ventura incarne Sébastien Grenier, un ancien agent du SDECE (les services secrets français), installé depuis une décennie à Zurich où il mène une vie paisible en tant que directeur d’une société fiduciaire. Il partage son quotidien avec Anna Gretz, une enseignante d’origine allemande, et semble avoir laissé derrière lui son passé d’espion. Mais lorsqu’un mystérieux individu, Chance, entre en contact avec lui, son passé le rattrape brutalement. Une série d’attentats attribués à une organisation d’extrême gauche secoue l’Europe, et Grenier se retrouve malgré lui impliqué dans une intrigue où se mêlent manipulations et jeux d’influences entre puissances rivales. À mesure que l’enquête avance, il réalise qu’il pourrait être une simple marionnette dans un affrontement souterrain entre les services secrets occidentaux et le KGB.

Avec ce thriller politique tendu, Yves Boisset prolonge son exploration des jeux de pouvoir et des zones d’ombre des institutions, un thème récurrent dans son œuvre. "Espion, lève-toi", suivi peu après par "Le Prix du danger", marque l’un de ses derniers grands projets pour le cinéma avant qu’il ne se consacre pleinement à la télévision dans les années 1990. 

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Figure du cinéma engagé, Yves Boisset, s’est en effet illustré à travers des œuvres audacieuses abordant des thématiques sociales et politiques sensibles. Cinéaste de gauche revendiqué, il a marqué les années 1970 et 1980 avec des films comme "Dupont Lajoie" (1975), dénonçant le racisme ordinaire, "Le juge Fayard dit le Shériff" (1977), inspiré d’un fait divers judiciaire, ou encore "Le Prix du danger" (1983), préfigurant la téléréalité extrême.

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Longtemps considéré comme "l'homme le plus censuré de France", Boisset s’est attaqué à des sujets brûlants comme la guerre d’Algérie ("R.A.S", 1973) ou l’affaire Ben Barka ("L'Attentat", 1972). Ces choix lui ont valu pressions et controverses, allant jusqu’à des sabotages sur certains tournages. Lors du tournage de "Dupont Lajoie", par exemple, l’équipe du film a été victime d’intimidations et de violences de la part de groupes d’extrême droite.

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À partir des années 1990, Yves Boisset se tourne donc vers la télévision, signant plusieurs téléfilms historiques marquants comme "L'affaire Dreyfus", "Jean Moulin" ou "L'affaire Seznec". Il estimait que le cinéma était devenu frileux face aux sujets de société et trouvait dans la télévision un espace de liberté plus grand. En 2015, il dénonçait encore ce qu'il voyait comme une autocensure du cinéma français : "Depuis au moins une vingtaine d’années, je vous mets au défi de trouver un seul film qui soit vraiment insolent ou qui attaque frontalement les institutions."

La disparition d’Yves Boisset a suscité de nombreuses réactions dans le monde du septième art. L’actrice Elsa Zylberstein, qui avait collaboré avec lui sur "Jean Moulin", a appris la nouvelle en direct sur le plateau de "Télématin". Visiblement émue, elle a déclaré : "Je ne savais pas… Je viens de l’apprendre, vous venez de me le dire là. C’était un monsieur assez incroyable, j’étais honorée de travailler avec lui."

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