
A défaut d'être impressionné, on admettra qu'il y a peu d'arguments contre Prince of Persia : les sables du temps, un film qui, de toute façons, ne prétend pas être un grand film, mais un film d'action efficace. Oui, Mike Newell, avec son film adapté du jeu vidéo du même nom, s'est bien tiré d'affaire. Il s'en est tenu à l'esprit du jeu vidéo, tout comme il avait bien repris l'esprit du livre avec Harry Potter et la Coupe de Feu en 2005. Un film familial, une aventure exotique, une succession d'actions à un rythme soutenu : c'est le package que l'on nous livre, et le film remplit le cahier des charges en devenant une sorte de Troie version adaptation de jeu vidéo.
Comme tout bon film Disney qui se respecte, Prince of Persia n'a rien à envier aux autres. Il ne sombre jamais dans l'ennui en restant humain et en proposant des émotions du début à la fin, quoique superficielles. La simplicité devient en fait une sorte de mot d'ordre, puisque le scénario ne ressemble pas du tout à des règles d'un jeu complexe. Il ne s'agit que de retrouver et de protéger une dague au pouvoir immense. Si la magie à proprement parler est absente, les effets spéciaux prennent le relais pour soutenir les différentes péripéties, quoique l'ensemble finisse par paraître artificiel quand ceux-ci sont trop visibles.
L'interprétation est un peu paresseuse, alors que les personnages ne sont pas très expressifs. Jake Gyllenhaal nous présente un héros sympathique mais sans charisme, alors que la princesse incarnée par Gemma Arterton, bien que belle et rebelle, ne fait pas rêver. On est bien loin de la franchise Pirates des Caraïbes, et du duo formé par un Johnny Depp mystérieux et l'énergique Keira Knightley.
Ces défauts sont malgré tout compensés par l'aspect dynamique d'un jeu vidéo, avec des scènes étonnantes de sauts périlleux. On reconnait là la passion des producteurs de Pirates des Caraïbes, dont Jerry Bruckheimer, qui n'ont pas froid aux yeux. L'exotisme des décors fascine et l'aspect visuel n'a pas été négligé une seconde.
Non, ces sables du temps ne s'enlisent pas, ils rebondissent, et le défi d'adapter un jeu vidéo a été relevé avec brio : certes, le héros saute dans tous les sens, trouve un moyen de s'accrocher à tout et ne se donne pas la peine de réfléchir un peu trop. Le spectacle pour enfants s'avère prévisible mais plus divertissant qu'on ne l'aurait cru et donne envie de voir une suite, peut-être un peu plus drôle, et si possible intelligente - mais tout aussi remplie d'action et de sauts.