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Justice : France Télé assigne Mediapart après la publication de "documents confidentiels"
Publié le 20 février 2010 à 00:38
Par Julien Lalande
Le site révèle qu'après un montage financier, le duo Courbit/Publicis racheterait FTP pour moins de 3 millions d'euros.
France Télévisions France Télévisions© France 3 - Carol
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Après avoir révélé qu'Alain Minc, conseiller du Chef de l'Etat, est intéressé à la fortune de Stéphane Courbit, le repreneur de la régie publicitaire France Télévisions, Mediapart a publié vendredi des documents confidentiels concernant la privatisation de la régie publicitaire de France Télévisions (FTP).

Selon Mediapart, la régie serait vendue au duo Stéphane Courbit/Publicis pour un montant de 2,6 millions d'euros et non 20 millions d'euros comme annoncé jusqu'ici.

Pour cela, les acquéreurs auraient recours à un montage financier, explique le site, s'appuyant sur des documents confidentiels présentés au dernier conseil d'administration de France Télévisions. « Il est d'abord prévu que Courbit/Publicis achètent 65% du capital de FTP pour 16 millions d'euros. Puis, (ils procéderaient) à une augmentation de capital de 4 millions d'euros (...) au terme de laquelle leur contrôle de FTP montera à 70% (...) Mais un document apporte une précision qui retient l'attention. Il est en effet indiqué que le prix de cession de 16 millions d'euros a été fixé "sur la base d'une trésorerie nette de 13,4 millions d'euros au 31 décembre 2009" », explique le site. 16 millions moins 13,4 millions égal 2,6 millions. CQFD.

A la lumière de ces informations, France Télévisions n'a souhaité faire aucun commentaire. Bien au contraire. Le groupe public et sa filiale FTP ont saisi la justice avec une procédure d'urgence, le "référé-interdiction". Les deux plaignants demandent « le retrait des documents confidentiels issus du conseil d'administration de France Télévisions dont la teneur pourrait compromettre la négociation ». Mediapart est convoqué samedi matin, à 11h, au Tribunal correctionnel de Paris, indique le site.

« Il suffit de lire les documents que dévoile Mediapart pour se rendre à l'évidence : en réalité, les documents sont si flous que le conseil d'administration aurait dû se dire insuffisamment éclairé pour prendre une décision motivée de vente. Or, comme il n'a pas adopté cette conduite de prudence, cela vient confirmer le sentiment qu'inspire cette affaire, depuis son début : tout suggère que des consignes sont venues de haut pour que l'offre Courbit/Minc/Publicis soit préférée aux autres », indique Mediapart dans son enquête très étayée.

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