Justice
Affaire Sarkozy-Kadhafi : Le recours de l'ex-président contre "Médiapart" définitivement rejeté
Publié le 30 janvier 2019 à 16:07
Par Florian Guadalupe | Journaliste
Passionné de sport, de politique et des nouveaux médias, Florian Guadalupe est journaliste pour Puremédias depuis octobre 2015. Ses goûts pour le petit écran sont très divers, de "Quelle époque" à "L'heure des pros", en passant par "C ce soir", "Koh-Lanta", "L'équipe du soir" et "La France a un incroyable talent".
La Cour de cassation a définitivement confirmé le non-lieu ordonné en faveur du site d'Edwy Plenel à deux reprises par les juges d'instruction puis par la cour d'appel.
Nicolas Sarkozy Nicolas Sarkozy© Abaca
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Une affaire vieille de sept ans. En avril 2012, en pleine course pour l'élection présidentielle, "Médiapart" a publié sur son site une note qui prouverait que le colonel Kadhafi aurait donné son "accord de principe" pour financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 à près de 50 millions d'euros. Invité quelques jours plus tard sur France 2, l'ex-président de la République avait annoncé porter plainte contre le pureplayer : "Ce document est un faux grossier, les deux personnes en Libye qui étaient censées avoir envoyé ce document et le recevoir l'ont démenti."

Recours définitivement rejeté

L'affaire avait alors été portée devant la justice et à deux reprises, par les juges d'instruction puis par la cour d'appel, le recours de Nicolas Sarkozy avait été rejeté. Ce mercredi, selon l'AFP, la Cour de cassation, que l'ancien chef de l'Etat et son ancien ministre Brice Hortefeux avaient saisie, a rejeté définitivement le recours de l'ancien président de la République qui accusait "Mediapart" d'avoir produit un "faux" en 2012.

La Cour de cassation a fixé à 2.500 euros la somme due par les deux plaignants à Edwy Plenel et deux de ses journalistes. Dans son arrêté, consulté par l'AFP, la haute juridiction a estimé que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, avait justifié sa décision "par des motifs procédant de son appréciation souveraine et exempts d'insuffisance comme de contradiction". En novembre 2017, la cour d'appel avait expliqué que l'instruction menée n'avait "pas permis d'établir que la note publiée était un faux matériel".

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"Je n'ai que mépris pour cette officine"

La plus haute juridiction judiciaire a définitivement confirmé le non-lieu ordonné en faveur de "Mediapart" et a donc clos la longue procédure judiciaire autour de l'affaire de la note accusatrice. Pendant sept ans, le pureplayer avait été la cible de nombreuses déclarations assassines du camp Sarkozy, dont notamment l'ex-président lui-même qui avait vivement attaqué le site dans une interview au "Figaro" en novembre 2016. "Je n'ai que mépris pour cette officine qui depuis des années essaye sans succès de me salir, du procès Bettencourt à l'affaire Kadhafi pendant la campagne présidentielle de 2012", avait-il déclaré, ajoutant qu'"à chaque fois, ce sont des informations sans fondement qui sont démenties par les faits".

Par ailleurs, l'authenticité du document de "Mediapart" avait aussi été remise en question pour "Vanity Fair". En effet, dans un article sur le sujet, paru en septembre 2014, le journaliste Hervé Gattegno s'était appuyé sur un compte-rendu d'audition par les juges français de Moussa Koussa, ancien ministre et ex-directeur des services secrets extérieurs du régime libyen, dont la signature figurait sur le document litigieux. "Ce n'est pas ma signature, ce document est falsifié", aurait déclaré aux juges français l'ancien dignitaire libyen. Le journaliste de "Vanity Fair" avait ainsi conclu que "les derniers éléments recueillis par les juges d'instruction parisiens (...) renforcent le soupçon d'une falsification". Hervé Gattegno a aussi tenu à souligner dans son article que "tous les protagonistes dont les noms figurent sur le document publié par 'Mediapart' y ont opposé un démenti".

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