Cinéma
"Libération" révèle d’autres propos "sexistes et dégradants" de Gérard Depardieu et de Yann Moix en Corée du Nord, l'écrivain défend un film "de fiction"
Publié le 17 février 2025 à 16:40
Par Nastassia Dobremez
Après le numéro de "Complément d'enquête" qui avait fait grand bruit en décembre 2023, "Libération" dévoile de nouvelles images inédites du film tourné par Yann Moix avec Gérard Depardieu en Corée du Nord en 2018. On y entend des propos misogynes, sexistes et obscènes, non seulement tenus par l’acteur, mais aussi par l’écrivain.
"La ministre de la Culture s'est un peu trop avancée" : Emmanuel Macron revient sur l'Affaire Gérard Depardieu dans "C à vous" sur France 5. © BestImage
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Alors que le procès de Gérard Depardieu pour des agressions sexuelles survenues sur deux victimes lors du tournage du film "Les volets verts" de Jean Becker se tiendra les 24 et 25 mars 2025 devant le tribunal correctionnel de Paris, "Libération" a dévoilé ce samedi 15 février de nouvelles images inédites et choquantes du film tourné par Yann Moix en Corée du Nord en 2018. C’était ce déplacement de l’écrivain et de la star du cinéma français pour les 70 ans du régime de Pyongyang qui avait donné lieu à un numéro spécial de "Complément d’enquête" proposé le 7 décembre 2023 sur France 2. Cette émission révélait notamment des rushs du long-métrage finalement jamais distribué de l’ancien chroniqueur d’On n'est pas couché dans lesquels le comportement et les propos obscènes de l’acteur avaient scandalisé.

Les propos de Yann Moix ont même "choqué" Gérard Depardieu

Le lendemain de la diffusion du magazine, le cinéaste se désolidarisait des déclarations de son acolyte : "J'ai passé une dizaine de jours avec Gérard Depardieu, 4,5 minutes par jour, il faisait des blagues pas simplement choquantes, mais insupportables", réagissait-il dans "Touche pas à mon poste". Cependant, plus d’un an plus tard, le service de fact-checking de "Libération" que Yann Moix faisait preuve d’une misogynie et d’un sexisme équivalents à ceux du protagoniste d’"Astérix et Obélix : mission Cléopâtre", "allant parfois jusqu’à choquer l’acteur lui-même", écrivent nos confrères.


Dans des extraits inédits des rushs du film, dont la vidéo a été publiée sur la chaîne Youtube du média dirigé par Dov Alfon, montre Gérard Depardieu profère de nouvelles paroles offensantes : "Moi je vais voir les choses, je suis curieux, y a pas que les boules et les jeunes filles que je viole", dit-il. Plus tard, on voit l’acteur sexualiser des jeunes femmes qui apparaissent devant eux : "Elle doit prendre la b*te, elle doit sucer énormément, j'aime bien", ou encore : "Y a jouissance, y a flot, y a coulage, elle a mouillé sa vulve…".

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A lire aussi : "Une année de mensonges de la Bollorésphère sur l’affaire Gérard Depardieu" : Tristan Waleckx démonte les nouvelles justifications de Yann Moix sur leurs propos choquants tenus en Corée du Nord

"Faut cogner"

Au lieu de désapprouver, Yann Moix "accompagne", voire "encourage" son interlocuteur, note "Libération", qui ajoute ensuite "quand il n'est pas lui-même l'auteur de propos sexistes, dégradants ou homophobes" : "Tu déclenches un truc chez toutes ces femmes c’est dingue, parce que normalement elles devraient être effrayées, [mais] quand tu leur parles, après elles repartent elles ont un petit sourire, je les vois moi", déclare le chroniqueur de "Pascale, Éric, Yann et les autres" sur C8. Et de poursuivre : "Parce que c’est des femmes abîmées, c’est des femmes qui ressentent rien." Avant d’ajouter le point serré : "Donc faut cogner". De nombreux autres exemples ont été recensés par "Libération" à partir des 4h30 de vidéos brutes visionnées. 

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Si ni les principaux intéressés ni les avocats les représentant n'avaient voulu répondre aux sollicitations du journal pour réagir à ces nouvelles images, Yann Moix a finalement pris la parole sur Europe 1 ce lundi 17 février 2025. Invité de l'émission "Pascal Praud et vous", il a expliqué que l'affaire était "entre les mains de [son] avocat" : "Jérémie Assous s'occupe de ça, je pense qu'on a des choses plus intelligentes à dire que de relayer ce genre de choses". Relancé par l'animateur qui lui indiquait que des jeunes gens étaient choqués par ces propos, l'écrivain s'est donc plus largement justifié : "Je vais vous dire deux choses : la première, c'est que ce n'était pas une caméra cachée : je joue dans mon propre film. Je sais que je suis filmé puisque c'est censé être montré un jour", a-t-il déclaré, insistant sur le fait que ces dialogues étaient de "la fiction". Avant de faire une comparaison avec le long-métrage "Les Valseuses" qui avait fait polémique à sa sortie en raison de son ton sulfureux : "C'est comme si vous aviez volé en 1973 des rushs à Bertrand Blier et qu'on disait : regardez ce qu'ont dit Dewaere et Depardieu !"

Yann Moix : "Il y a cent fois pire dans le film"

Le réalisateur de "Podium" a ensuite affirmé que ce n'était pas "une caméra cachée" : "Ce ne sont pas des choses qui ont été filmées à mon insu. Il y a deux techniciens qui me filment avec Gérard dans mon film de fiction qui s'appelle "Soixante-dix"", s'est-il défendu. Tandis que Pascal Praud disait que "c'était bien de rectifier", son interlocuteur était d'avis de "laisser les gens penser ce qu'ils veulent". Avant de conclure et réitérer ses arguments : "On me vole un film de fiction, écrit, qui était censé sortir au cinéma. Comme dans "La Chèvre", je joue Pierre Richard. Gérard Depardieu joue Gérard Depardieu. Donc on exagère tout. On filme 24 heures sur 24. Au montage, on garde, on garde pas. Je suis étonné qu'ils aient sorti ça alors qu'il y a cent fois pire dans le film. Mais écrit, assumé. Et qu'ils nous fassent croire que c'est filmé à la dérobée alors qu'on a des micros."

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