Le décès de Jean-Marie Le Pen a été l'objet d'une question pour Édouard Philippe, invité à la table de "C à vous" ce mercredi 8 janvier. L'été dernier, l'ancien Premier ministre avait reconnu avoir dîné de manière "cordiale" avec la fille du cofondateur du Front national, quelques mois plus tôt. Une information qui avait dérangé, voire indigné, une partie du camp présidentiel, dont plusieurs membres avaient confié qu'ils n'auraient pas accepté l'invitation si elle s'était présentée à eux. "C'est un mauvais signal à l'égard du pays que de multiplier les signes qui vont dans leur sens", avait par exemple tancé François Bayrou, pas encore à la tête du gouvernement. Cette formulation a été reprise par Anne-Elisabeth Lemoine, poussant le maire du Havre à se justifier sur cette rencontre confidentielle. "C'est son avis. Il a le droit de penser ce qu'il pense, et de dire ce qu'il pense. Et puis moi, j'ai le droit de faire ce que je veux, et de rencontrer qui j'ai envie de rencontrer", a-t-il indiqué d'un ton ferme mais calme.
Face au blanc suscité par cette explication, Édouard Philippe est monté progressivement dans les tours. "Et si vous pensez que je vais changer de doctrine ou de façon de faire, y compris parce que quelqu'un pense que c'est une mauvaise idée, vous vous trompez !", s'est d'abord exclamé le patron d'Horizons. Puis, face à l'insistance de ses hôtes sur ce sujet, il est sorti de ses gonds : "Pardon, mais je ne publie pas tous les jours une liste des personnes avec qui je dîne. Non mais arrêtez ! Quoi ? Il y a une liste des gens avec qui je n'ai pas le droit de dîner ? Vous êtes incroyables !". Le dirigeant politique a fini par retrouver son calme, comprenant que ce repas puisse avoir "choqué certaines personnes", tout en restant sur sa ligne de défense. "J'avais envie de discuter avec elle, de voir comment elle fonctionnait, de quoi elle était faite. Je ne vais pas m'excuser pour ça", a-t-il conclu.
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Avant cette passe d'armes, Édouard Philippe avait réagi à la mort de Jean-Marie Le Pen, qu'il n'a jamais rencontré, ni "adhéré aux idées qu'il professait", et contre lesquelles il dit avoir toujours combattu. Pour autant, l'ancien Premier ministre n'a pas goûté aux démonstrations de joie qui ont suivi la disparition du "Menhir". "J'ai été outré par ses outrances, je n'ai aucune sympathie, mais je ne fais pas partie des gens qui dansent sur la tombe des autres. Danser sur la tombe de quelqu'un, ce n'est pas dans ma nature et je ne conçois pas ça", a-t-il déclaré.