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"Je ne rajoute ni n'en retranche rien" : Un ex-membre de Noir Désir s’agace après la sortie du documentaire choc "Le cas Cantat" sur Netflix
Publié le 2 avril 2025 à 16:02
Par Raphaël Gioia | Journaliste
Des goûters devant le Club Dorothée aux soirées pizza/"Koh-Lanta", il y a quelques pas de côté que cet enfant du bitume a effectué pour transformer un rituel sacré en piges passionnées.
Sorti il y a quelques jours sur la plateforme, "De rockstar à tueur : le cas Cantat" revient sur le meurtre de Marie Trintignant par son ex-compagnon, à l'été 2003.
La bande-annonce de la mini-série documentaire "De rockstar à tueur : Le cas Cantat", disponible sur Netflix © Youtube
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Le documentaire "De rockstar à tueur : le cas Cantat" secoue à nouveau l'opinion publique sur le rôle du leader de Noir Désir dans le meurtre de Marie Trintignant. Disponible depuis le jeudi 27 mars sur Netflix, cette mini-série de trois épisodes rembobine, plus de vingt ans après, les faits survenus durant l’été 2003. Dans une chambre d'hôtel de Vilnius (Lituanie), l'actrice décédait à 41 ans des suites des nombreux coups infligés par son compagnon, Bertrand Cantat. Le tout sous la houlette d’Anne-Sophie Jahn, journaliste au "Point" et coréalisatrice du programme. Les réalisateurs donnent notamment la parole aux proches de la regrettée comédienne, à l'image de Richard Kolinka, ancien compagnon de l'actrice et père de son fils Roman, ou encore de Lio, l'une de ses amies proches, qui essayait déjà à l'époque de défendre la mémoire de la victime et luttait contre ce qui avait été désigné comme "un crime passionnel". En revanche, aucun membre du groupe n'a souhaité participer au documentaire, malgré les sollicitations. 

"Je ne prendrai plus la parole à ce sujet"

Or, le lundi 31 mars, le guitariste et compositeur Serge Teyssot-Gay a brisé le silence lors d'une rare prise de parole sur son compte Facebook. "Puisqu'on me re-re-somme de m'exprimer, voilà un de mes posts de 2017 qui reprend un communiqué de 2010. Et donc ça fait 15 ans", s'agace le musicien, repartageant sa publication de l'époque. Il avait ainsi écrit en 2010 sur cette affaire de féminicide qui avait entraîné son départ de la bande de rockeurs bordelais : "Je fais part de ma décision de ne pas reprendre avec Noir Désir, pour désaccords émotionnels, humains, et musicaux avec Bertrand Cantat, rajoutés au sentiment d’indécence qui caractérise la situation du groupe depuis plusieurs années. Bonne journée je repars composer de la musique. PS : Les trolls et leurs commentaires seront supprimés par l’administrateur qui prend les commandes dès maintenant, je ne les verrai pas", avait-il écrit en 2010. Sept ans plus tard, il ne regrette rien, son avis n'ayant pas changé d'un iota. "Je ne rajoute ni n’en retranche rien. Et ne prendrai plus la parole à ce sujet, inutile de me solliciter", précise le musicien. 

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À lire aussi : "On m'a traînée dans la boue" : Dans "Le cas Cantat" sur Netflix, Lio revient sur "l'humiliation" vécue après son passage dans "Tout le monde en parle" avec Thierry Ardisson en 2006

Un drame indélibile dans la mémoire collective

La décision radicale de Serge Teyssot-Gay à la suite du drame avait officiellement sonné la fin de la chanson pour le quatuor, alors qu'il se préparait pourtant à enregistrer un nouveau disque. Or, aucun album n'a vu le jour depuis 2001 en raison des démêlés judiciaires du leader de Noir Désir. La sortie de ce documentaire offre une relecture des faits et met en lumière les dysfonctionnements de l'époque : la clémence de la justice, les discours ambigus des médias et surtout l’image de Bertrand Cantat, perçu par le prisme de la rockstar plutôt que par ses actes criminels. Après le générique de fin, certains spectateurs ont estimé que l'artiste a purgé sa peine et que ce film participe à un acharnement contre lui, tandis que d'autres s'offusquent de l'indulgence judiciaire dont il aurait bénéficié.

Bertrand Cantat avait été condamné en mars 2004 à huit ans de prison par la justice lituanienne. Il avait pu bénéficier d'une liberté conditionnelle pour bonne conduite en octobre 2007, après avoir purgé la moitié de sa peine. Il était resté jusqu'en 2010 sous contrôle judiciaire, qui lui imposait notamment de s'abstenir de produire tout ouvrage ou toute œuvre audiovisuelle liés à la mort de Marie Trintignant et également de ne pas s'exprimer publiquement sur ces faits.

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