
C’est le succès du moment. "Adolescence" cumule déjà 66,3 millions de visionnages à travers le monde, un peu plus de deux semaines après sa mise en ligne sur Netflix le 13 mars dernier. La mini-série britannique, co-créée par Stephen Graham (la star de "Peaky Blinders") et Jack Thorne, a été plébiscitée par les critiques et le public.
Cependant, elle n’a pas échappé à certaines accusations qui avaient notamment été diffusées par Elon Musk sur X (anciennement Twitter), réseau social dont il est le propriétaire. Selon le milliardaire, membre du premier cercle de Donald Trump à la Maison blanche, le drame qui s’intéresse au meurtre brutal d'une jeune fille par un garçon de 13 ans (interprété par Owen Cooper), serait inspiré d’un véritable crime commis par un enfant noir. Pourtant, depuis sa sortie, ses créateurs ont assuré sans détour que cette intrigue n’était pas basée sur un fait réel en particulier mais relevait plutôt d’une tendance inquiétante, celle de l'augmentation réelle des crimes liés aux armes blanches chez les jeunes au Royaume-Uni.
S'affranchissant de l'explication des producteurs, Elon Musk a pourtant partagé la théorie selon laquelle "Adolescence" serait adaptée d’une histoire vraie, celle du "meurtrier de Southport", survenue en juillet dernier.
Dans ce drame, trois enfants ont été tués par un fils d’immigrants rwandais, né au Pays de Galles, ce qui avait provoqué des émeutes. Le 20 mars, Ian Miles Cheong a donc reproché aux scénaristes d'être responsables d'une "propagande anti-blanc" pour avoir transformé "le vrai meurtrier, noir et migrant" du fait divers en un "garçon blanc". Si le directeur général de Tesla n’a pas directement validé cette théorie, il l’a propagée à une large audience en commentant : "Wow". Invité du podcast "The News Agent", diffusé le 26 mars dernier, Jack Thorne, co-créateur du show, a tenu à réagir.
"Rien n’est plus éloigné de la vérité", a-t-il démenti. Avant d’ajouter qu’ayant "raconté de nombreuses histoires réelles au cours de [sa] carrière", il savait les torts que pouvait causer le fait de prendre "des éléments réels et de les transposer à l'écran". Cependant, il a insisté : "Aucune partie de cette histoire n’est basée sur un fait réel, pas une seule partie."
Il a ensuite poursuivi sa mise au point : "C’est absurde de dire que [la criminalité liée aux attaques aux couteaux] est uniquement commise par des garçons noirs. C’est absurde. Ce n’est pas vrai. Et l’histoire montre de nombreux cas d’enfants de toutes races commettant ces crimes. Ce n’est pas une question de couleur de peau mais de masculinité. Nous essayons de comprendre un problème. Nous ne disons pas que c’est une chose ou une autre, nous disons que cela concerne les garçons.", a-t-il conclu.