Semaine horribilis pour Maïtena Biraben. Hier, l'animatrice du "Grand Journal" recevait l'avocat Éric Dupond-Moretti. A deux reprises elle a assuré que le FN, "premier parti de France", tenait "un discours de vérité". "Vous savez que ces propos, les propos de la vérité sont souvent tenus et incarnés par le Front national aujourd'hui", a-t-elle d'abord lancé à son interlocuteur à propos des libertés publiques.
Puis, visiblement pas corrigée par son oreillette, elle réitère quelques instants plus tard : "Et pourtant les Français se reconnaissent dans ce discours de vérité qui est tenu par le Front national". Cette sortie, "un dérapage" pour beaucoup d'observateurs, lui a valu de nombreuses critiques de téléspectateurs sur la toile. "Là, il va loin Bolloré !", a ironisé Didier Porte. "Plus dure sera la chute", a commenté de son côté Edwy Plenel. Même Alain Vizier, le directeur du service de presse du parti, a retweeté les propos de l'animatrice...
Invité une heure plus tard sur BFMTV, Philippe Gildas , ex-animateur de "Nulle Part Ailleurs", a enfoncé la journaliste. "J'ai eu une longue carrière de journaliste avant Canal+. Je savais gérer une équipe. Je faisais en sorte qu'on ne dise pas de connerie (...) Une connerie comme ça, je ne l'ai jamais faite (...) Elle peut apprendre (...) Avant elle faisait les 'Maternelles', là ça la change", a-t-il lâché.
Ce n'est pas la première fois que le nouveau "Grand Journal" est accusé d'être complaisant avec Marine Le Pen. Cyrille Eldin, l'amuseur politique maison, s'est montré dans plusieurs sujets étonnamment connivent avec le parti d'extrême droite. Ce tourbillon médiatique arrive au plus mauvais moment pour l'animatrice. "Le Grand Journal" a enregistré son record d'audience à la baisse avant-hier, Augustin Trapenard a été pris en flagrant délit de ne pas avoir lu le livre d'un invité et "Direct Matin", journal de Vincent Bolloré, a publié un article ridiculement dithyrambique sur l'émission.