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"Pas de journaux" dans la pré-matinale de France Inter, playlist sur France Culture… Les antennes de l'audiovisuel public fortement perturbées à cause d'une grève ce matin
Publié le 31 mars 2025 à 10:13
Par Nastassia Dobremez
Ce lundi 31 mars, les auditeurs de France Inter et France Culture n'ont pas pu écouter leurs programmes habituels. En cause, un appel à la grève lancé par les syndicats de Radio France et France Télévisions notamment, contre le projet de holding de l’audiovisuel public, qui doit être examiné à l’Assemblée nationale ce 1er avril.
Extrait de France Inter le 31 mars 2025 / Rachida Dati, Ministre de la Culture, à la sortie du Conseil des ministres au palais de l'Elysée à Paris, le 26 mars 2025. © Christian Liewig / Bestimage
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À 5 heures du matin ce lundi 31 mars 2025, les auditeurs de France Inter ont été réveillés par un interlude musical puis une courte annonce de Mathilde Munos. "Le 5/7 s’ouvre généralement sur un journal mais en raison d’un appel à la grève déposé par la CGT de Radio France contre le projet de holding de l’audiovisuel public, il n’y a pas de journaux ce matin dans l’émission. Nous vous prions de nous en excuser. On se retrouve dans sept minutes pour nos rendez-vous habituels, notamment les chroniques littorales", a-t-elle expliqué au public. Sur France Culture, aucune émission n’est disponible, remplacées par un enchaînement de morceaux et un message enregistré : "En raison d’un appel à la grève déposé par la CGT de Radio France contre le projet de holding de l’audiovisuel public, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes habituels. Nous vous prions de nous en excuser." 

Radio France et France Télévisions vent debout contre la réforme de l’audiovisuel public

Les salariés du groupe refusent un projet de "réforme de gouvernance de l’audiovisuel public". Le gouvernement souhaite créer une holding, France Médias, chapeautant quatre filiales (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’Institut national de l’audiovisuel) sous l’autorité d’un ou d’une président(e).

La ministre de la Culture Rachida Dati a confié cette mission d’accompagnement à Laurence Bloch, ex-directrice des antennes de Radio France entre 2014 et 2022 pour mener à bien cette réorganisation, sur la table depuis décembre 2024 mais interrompue à la suite de la motion de censure adoptée contre Michel Barnier. Le texte sur lequel s’appuie cette réforme provient d’une proposition de loi d’un sénateur centriste, Laurent Lafon, adoptée par le Sénat en juin 2023. Elle doit être examinée en commission ce mardi 1er avril à l’Assemblée nationale. Son examen en séance publique est prévu pour le 10 avril mais la date pourrait changer.

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"Qu'il s'agisse d'une holding légère ou d'une loi visant clairement la fusion à moyen terme, ce projet aura pour conséquence de démanteler notre entreprise en la plaçant sous la tutelle de France Télévisions et en ouvrant la porte à des filialisations, notamment pour Ici et Franceinfo, écrivaient les syndicats de Radio France dans leur préavis de grève. Radio France y perdrait son autonomie budgétaire, son indépendance éditoriale et son agilité, facteurs de réussite plébiscités par le public dans le domaine de l'audio, radio et numérique."

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La grève durera jusqu’au 1er avril, jour d’examen du texte à l’Assemblée nationale

Ce mouvement de grève devrait durer jusqu’à mardi inclus. Il concerne également France Télévisions qui dénonce "de graves conséquences" si le projet est adopté notamment en raison de "baisses budgétaires". De son côté, Rachida Dati a affirmé dans "Le Parisien", ce dimanche 30 mars, que cette réforme, opérationnelle au 1er janvier 2026, était "indispensable" : "Le paysage audiovisuel est dans un contexte très concurrentiel avec des groupes privés très structurés. Il est donc urgent de préserver l’audiovisuel public en rassemblant ses forces aujourd’hui dispersées et éviter son affaiblissement déjà en cours", se justifie-t-elle.

Dans cet entretien, elle réfute "une mainmise de l’État" : "[Le PDG] de France Médias sera désigné pour cinq ans par l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) et chaque filiale aura son propre conseil d’administration." Puis d’expliquer que l’objectif de ce projet de holding était "l’efficacité et la création d’un groupe audiovisuel public fort".


 

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