Politique
Christiane Taubira dénonce le rôle des réseaux sociaux et des chaînes d'info en continu
Publié le 19 mars 2013 à 09:15
Par Julien Bellver
Invitée spéciale du journal Libération ce mardi, Christian Taubira dénonce "la voracité médiatique" dans le débat démocratique.
Pour Christiane Taubira, "tout va très vite" dans les médias. Trop vite ? Pour Christiane Taubira, "tout va très vite" dans les médias. Trop vite ?© Abaca
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Christiane Taubira au combat. Dans une longue interview accordée au quotidien Libération, la Garde des Sceaux balaye tous les sujets : impopularité de l'exécutif, polémique sur les peines plancher, mariage poux tous, PMA... Sans langue de bois, la ministre répond aux questions posées par la rédaction lundi dans les locaux du journal. Elle aborde notamment la pression médiatique, subie par tous les ministres. Le temps médiatique ne correspond plus au temps politique selon elle, avec des conséquences sur la perception qu'ont les Français du travail engagé par le gouvernement.

"Une fois que les gens s'accrochent à un sujet en débat, ils se posent, ils pensent, ils réfléchissent, ils opinent diversement au sens qu'ils émettent un avis. Vous dites que la société est bloquée, je ne le pense pas. Je pense que ceux qui ont la responsabilité de faire vivre la pensée ne l'assument guère, pour mille et une raisons... L'une d'elle, la voracité médiatique, est la conséquence d'une pression, notamment liée aux réseaux sociaux et à l'information continue. Tout cela fait qu'on n'a plus le temps", explique-t-elle.

"Ah, je suis populaire moi ?"

Pour la ministre de la Justice, les nouveaux moyens d'informer ne sont pas calés sur le temps nécesssaire à la réforme. "Sur le terrain, je rencontre des gens de catégories sociales différentes qui sont curieux, qui veulent comprendre. Notre société a encore une conscience politique élevée, mais si on continue à cette allure-là, dans dix-quinze ans, je n'en réponds pas. Les gens manquent d'éléments parce que tout va très vite et que les choses leur parviennent de façon assez superficielle", lance-t-elle.

Mais malgré cette course effrénée, Christiane Taubira, nouvelle icône à gauche, garde espoir, "l'optimisme n'a pas disparu" assure celle à qui la nouvelle popularité ne fait ni chaud ni froid. "Ah, je suis populaire moi ? J'ai tellement entendu que j'étais une erreur de casting, un maillon faible, que j'étais nulle, que je ne connaissais rien au droit, etc. Je veux bien entendre aujourd'hui que je suis populaire parce que c'est plus agréable. Mais, pardon, je n'y prête pas plus attention que ce que j'ai lu pendant dix mois", conclut-elle.

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